NIDAA ABOU MRAD
L’ANNONCIATION, le mystère annoncé à la Vierge, représente un point crucial de convergence entre islam et christianisme. L’Oratorio mystique islamo-chrétien tente de refléter cette voie d’accomplissement spirituel, par la cantillation de textes religieux - chrétiens, islamiques et prophétiques hébraïques - et la mise en musique de textes spirituels. Rare exercice où la musique arabe classique rencontre les traditions ecclésiastiques orthodoxe d’Antioche, latine grégorienne et syriaque maronite.

La tradition musicale initiatique, artistique ou savante arabe a connu son apogée à l’époque Abbasside (VIII-XIIIe). Après une période de déclin, la Nahda ou renaissance culturelle arabe du XIXe siècle s’est traduite sur le plan musical par la résurgence de cette tradition avec un fond commun pour l’Égypte, le Liban et la Syrie. Dans la foulée de la grande guerre, la scène musicale arabe proche orientale a connu une grande dynamique acculturatrice et modernisatrice qui a conduit à la marginalisation de cette tradition au profit d’une musique de variété occidentalisée. Un nombre restreint de musiciens perpétuent cependant la pratique traditionnelle selon ses normes initiatiques. Celles-ci se déclinent en un système mélodique monodique modal où prédomine le genre zalzalien (division de la quarte en deux secondes neutres et une seconde majeure), en un système rythmique privilégiant la métrique prosodique verbale, en une poïétique privilégiant l’improvisation et en une esthétique à caractère objectif et transcendant, conférant à l’acte musical un caractère épiphanique, aboutissant à l’extase du tarab. Depuis de nombreux années le musicologue, compositeur et virtuose sur le violon arabe, Nidaa Abou Mrad privilégie, à travers la variation et l’improvisation, le caractère transcendant et l’exstase du tarab. Nidaa Abou Mrad est en tête de l’Ensemble de Musique Classique Arabe qui se compose du jeune et talentieux oudiste Mustafa Saïd et de l’exceptionel percussionist Ali Wehbé.
